Chili – Île de Pâques

Après une petite nuit à l’aéroport de Santiago, nous décollons en direction d’une des îles les plus reculées de la planète : l’Ile de Pâques. Elle est située à 3500km à l’ouest des côtes chiliennes et à 4200km de Tahiti. L’île habitée la plus proche est Pitcairn, à 2000km. Quand nous arrivons au-dessus de l’île, le vent souffle fort et il pleut. Après 2 redécollages où nous avons cru repartir à Santiago, notre pilote arrive enfin à se poser, non sans mal ! L’aéroport est minuscule, il y a littéralement une seule salle, où nous récupérons nos bagages, avant d’être accueillis par notre hôte et des colliers de fleurs ! Ambiance polynésienne garantie.

Nous logeons dans une petite maison dans leur jardin, bien loin du centre ville ! Nous profitons qu’ils sortent pour nous faire déposer et aller visiter la seule et unique ville de l’île. Nous nous promenons sur le port et y découvrons nos premiers moaïs.

L’ambiance de la ville est très décontractée et il n’y a pas grand chose à part quelques boutiques et restaurants. Nous commençons par aller déjeuner au restaurant Kanahau, au bord de l’eau, où nous goûtons des ceviches de thon. Le poisson est très frais et c’est délicieux !

Trio de ceviche

Puis nous allons goûter des glaces chez Mikafe, sur le port, et elles sont très bonnes ! J’ai pris des parfums tropicaux : goyave et hai’a (un fruit local). Nous nous installons face à la mer et observons le soleil se coucher. Pendant ce temps, des pêcheurs ramènent un nombre impressionnant de poissons en quelques minutes seulement avec leur filet !

Nous croisons nos propriétaires au centre-ville, qui nous ont obligeamment ramenés à la maison dans la benne de leur pickup !


Pour aujourd’hui nous avons loué une voiture à nos hôtes : c’est un vieux Jimny rouillé qui sent le tabac froid… Nous commençons par aller visiter le site de Tahai, proche du centre ville, qui est un des seuls accessible sans guide. Sur le bord de la côte, nous pouvons y admirer un alignement de 5 moaïs posés sur leur ahu (plateforme en pierre qui servait de tombeau pour les chefs enterrés sous les moaïs). Nous pouvons également observer un moaï unique, avec des yeux. C’est le seul de l’île à les avoir en permanence, pour les autres ils ne sont mis en place que lors d’occasions particulières.

Nous allons ensuite faire quelques courses, et nous écumons les quelques supermarchés pour trouver de quoi manger pour pas trop cher (tout est presque moitié plus cher que sur le continent). Le midi, nous allons manger chez Aloha food trucks, qui comprend une terrasse et différents stands de nourriture. Nous testons celui du restaurant Le Frits, qui fait de surprenantes empañadas au ceviche, qui sont absolument délicieuses !

Nous passons déposer les courses à la maison et filons vers le nord de l’île, vers la plage Anakena. C’est une jolie plage de sable blanc entourée de cocotiers, avec un joli ensemble de 7 moaïs très bien conservés.

À l’entrée de la plage, un artisan vend des reproductions de moaïs en tuf (la pierre de l’île utilisée originellement pour les construire), et nous en achetons un petit stock en guise de souvenirs.

Nous poursuivons notre promenade sur la côte, en direction de la 2ème plage de l’île, Ovahe, qui est submergée à marée haute. La côte est très sauvage, avec ses roches volcaniques noires, son herbe verte et les vagues bleues et blanches de l’océan.

Nous rentrons ensuite par la côte sud, qui passe au bord de l’eau, et nous passons à côté de nombreux sites archéologiques où nous irons demain, avec notre guide. En chemin, nous croisons des troupeaux de chevaux en liberté, qui paissent au bord de la route.

Avant de rentrer à la maison, nous passons profiter de l’happy hour à la terrasse des food trucks : Spritz et Caipirinhas.


Aujourd’hui nous passons la journée entière avec Régis, un français installé sur l’île depuis 20 ans, qui sera notre guide. Nous sommes un groupe de 8 français, et Régis commence par nous apprendre les bases de la culture Rapa Nui. L’île fut colonisée il y a environ 1000 ans, par des polynésiens venant des îles Marquises ou des Tuamotu, et partagée en une vingtaine de clans. Les indigènes croyaient que certains individus (les chefs de clan) possédaient du mana et pouvait communiquer avec les dieux. À leur mort, les corps étaient séchés et placés sous des plateformes (ahu), et des statues (moaïs) érigées pour perpétuer la communication entre le défunt et les dieux, et entretenir le mana.

Nous commençons par le site de Vaihu, avec ses 8 moaïs au sol, face contre terre. L’explication la plus probable est que ces 8 statues auraient été poussées, car elles restent bien alignées (au contraire d’un tsunami par exemple, où elles auraient été dans tous les sens). Nous pensons qu’elles ont été mises à terre au XVIème siècle, lors du passage de la population à une autre religion : le culte de Make-make et du Tangata Manu, l’homme oiseau.

Sur le site, nous retrouvons aussi une reconstruction d’un village traditionnel, avec des hare paenga, ou maisons bateau, construites en bois et roseau, qui étaient utilisées uniquement pour dormir. Le reste de la vie de la famille se passait à l’extérieur.

Nous allons ensuite sur le site Te Pito Kura, où se trouve le plus grand moaï jamais érigé, de presque 10 mètres de haut. À côté de lui se situe une pierre magnétique, à la forme parfaitement ronde, qui vient de l’explosion d’un volcan de l’île. Elle produit une altération du champ magnétique, et certaines personnes la pensent dotée de pouvoirs magiques.

Nous rejoignons ensuite la partie nord-est de l’île, et la belle plage d’Anakena où nous étions hier. Dos à la mer comme la plupart, posés sur un ahu qui dépasse du sable blanc, trônent les 7 moaïs les mieux conservés de toute l’île. Le cadre est vraiment magique : herbe verte, cocotiers, plage de sable blanc, rochers noirs et eau bleue, les contrastes sont magnifiques.

Nous faisons une pause dans ce cadre enchanteur pour le déjeuner. Nous allons acheter des hot-dogs locaux, aussi appelés completo : pain, saucisse, chou vinaigré, crudités, avocat et beaucoup de mayonnaise. A côté de nous, de nombreuses familles sont venues faire barbecue sur la plage.

Nous commençons l’après-midi par visiter le site de Tongariki, un des plus connus et des plus impressionnants de l’île. C’est un alignement de 15 moaïs restaurés, dont l’un porte un pukao, ce chapeau fait en pierre de scorie rouge qui pèse plusieurs tonnes. Les moaïs sont construits en tuf volcaniques, et pèsent en moyenne plusieurs dizaines de tonnes. Lors de leur découverte par les explorateurs européens à la fin du XVIIIème siècle, ils sont abimés par les guerres internes, les séismes et tsunamis. Certains ont été restaurés et redressés pour nous permettre d’admirer ce patrimoine culturel inestimable.

Nous terminons la journée par le site le plus impressionnant : Rano Raraku, le volcan dans lequel se trouve la carrière où furent sculptés les moaïs. Il y a presque 400 moaïs abandonnés ici, à différents stades de fabrication. Certains sont encore incrustés dans la falaise, d’autres en sont séparés et gisent dans l’herbe, plus ou moins enterrés.

Ce site est vraiment magnifique, sur les flancs du volcan, avec ces moaïs semés dans l’herbe. Nous apercevons aussi un moaï de plus de 20 mètres en cours de construction, c’est le plus grand connu à ce jour.

C’est ici que nous nous rendons compte de la taille et du poids de ces statues, qui ont dû être transportés sur des dizaines de kilomètres, depuis la carrière et jusqu’aux différents lieux où ils ont été érigés. Encore aujourd’hui, la manière dont les rapa nui ont réussi à déplacer ces statues restent un mystère. Selon la légende, les moaïs « marchaient » jusqu’à leurs ahu. On peut ainsi imaginer un système de transport des moaïs debout, à l’aide de cordes et de rondins de bois (pour les plus légers). De nombreuses ressources ont dû être utilisées pour perpétrer ce culte, et l’on pense que cela aurait précipité la déforestation de l’île, ainsi que l’effondrement de la société Rapa Nui. L’île était très peuplée à cette époque et connaissait son âge d’or, mais les ressources alimentaires (essentiellement en poissons et en oiseaux) ont diminué, la déforestation entraîna une érosion des sols, et la société connut un effondrement et de nombreuses guerres de clans.

Ce site est vraiment un de nos préférés, avec tous ces moaïs éparpillés dans la carrière, c’est très impressionnant à visiter.


Nous commençons notre dernière demi-journée guidée avec Régis par le sud-ouest de l’île, où se trouve le volcan Rano Kau. C’est un des principaux volcans de l’île, avec son impressionnant cratère rempli d’un lac.

Sur un flanc du volcan, nous visitons l’ancien village cérémoniel d’Orongo, qui servait pour le culte du dieu Make-make. Une fois par an, les membres importants des différents clans se rassemblaient dans ce village, et un représentant par clan était envoyé récupérer le premier œuf pondu par les sternes venues nicher. Les sternes venaient pondre uniquement sur les petits îlots de pierre (motu) situés en face du volcan. Les représentants de clan devaient sauter de la haute falaise du volcan et nager jusqu’aux motu, avant de récupérer le 1er œuf de sterne et le ramener, intact, jusqu’au village. Le premier à réussir était élu tangata manu (l’homme oiseau) pour l’année à venir, il était sacré et arbitrait les conflits entre clans dans l’île.

Motu

Dans l’ancien village, les maisons sont construites en pierres plates superposées les unes sur les autres. La porte d’entrée est très basse pour protéger des vents violents de l’île. Sur plusieurs pierres, nous pouvons observer des pétroglyphes représentant Make-make, mi oiseau mi homme.

Représentation de Make-make

Nous allons ensuite visiter Puna Pau, la carrière où étaient sculptés les pukao. Ces petits chapeaux en pierre de scorie rouge représentent les cheveux en chignon des moaïs. Ces cylindres de plusieurs tonnes étaient roulés sur des kilomètres avant d’être mis en place sur la tête des moaïs au moment de leur redressement.

Pour terminer la matinée, nous allons visiter le site d’Akivi et ses 7 moaïs qui regardent vers la mer.

Régis nous dépose en ville après le tour, et nous allons manger avec Katia, une alsacienne qui partageait le tour avec nous. Nous allons évidemment déjeuner chez Aloha food trucks, et nous prenons de nouveau des empañadas de ceviche (on ne s’en lasse pas !).

Nous passons l’après-midi à flâner sur le port en admirant les nombreuses tortues qui y nagent, tout en profitant de l’ambiance détendue de la ville.

La jolie église de la ville
Le Moaï Jean Lassalle

Le soir, nous allons voir un spectacle de danse polynésienne chez Varua Ora. La musique est jouée sur des instruments traditionnels, et les danseurs et danseuses sont en costumes de plumes et de noix de coco. Nous avons adoré le spectacle ! Et cette fois-ci c’est Guillaume qui a été invité à danser sur scène, chacun son tour !


Nous avons loué une voiture pour la journée, et passons en ville chercher Katia qui vient avec nous. Nous avons décidé de faire une petite randonnée sur la péninsule de Poike, où l’on peut trouver encore quelques moaïs non restaurés. Après avoir obtenu l’autorisation du fermier dont nous traversons le champ, et essuyé les regards outrés de 2 mamies nous voyant marcher seuls sans guide, nous nous dirigeons vers le sommet de la péninsule, Maunga Pu’a Katiki. Comme l’île a été majoritairement déforestée, nous marchons dans l’herbe, sans croiser beaucoup plus de végétation.

Nous arrivons à un minuscule petit moaï debout, appartenant probablement à une des premières générations. C’est d’ailleurs le seul de cette taille que nous avons vu sur toutes nos visites.

Nous grimpons ensuite jusqu’au sommet de la colline, d’où nous avons un joli panorama sur toute l’île, et notamment le volcan Rano Kau de la carrière de moaïs, juste en face de nous.

Nous redescendons de l’autre côté, vers l’océan, et tombons sur un champ rempli de moaïs renversés, autour desquels nous pouvons marcher librement (pas de barrières ni de panneaux, pour une fois). Nous avons presque l’impression d’être des explorateurs !

Puis nous traversons un champ de petits buissons et une plantation d’eucalyptus à la recherche d’un ahu en pierres noires et blanches, indiqué sur notre carte. Nous le trouvons enfin, après avoir traversé plusieurs barbelés, et il est un peu décevant…

Le fameux ahu

Nous rentrons ensuite à la voiture en contournant la colline, après cette petite randonnée d’une dizaine de kilomètres. Nous allons rendre la voiture et allons une dernière fois sur le port manger les délicieuses glaces de chez Mikafé. Nous rentrons à la maison en taxi, et en profitons pour faire une dernière lessive avant notre départ.


Dernière matinée sur l’île de Pâques : nous avons prévu un petit brunch dans notre cabane, avant que nos hôtes nous emmènent à l’aéroport à midi, pour rentrer sur le continent. Les prochains jours seront consacrés à la visite de Santiago et Valparaiso, nos dernières étapes avant l’Argentine !


Logement

Cabañas Tongariki : nous étions logés dans celles qui sont très loin du centre ville (40min à pieds) donc peu pratique

Nourriture

Kanahau ❤️ : très bons ceviches

Mikafe ❤️ : délicieuses glaces artisanales

Aloha food trucks ❤️ : un des endroits les plus abordables de la ville, les empañadas au ceviche sont très bons !

Activités

Tahai ❤️ : très joli site, accessible sans guide, avec un moaï avec des yeux

Anakena ❤️ : magnifique plage de sable blanc et ses 7 moaïs, accessible sans guide

Vaihu ❤️ : joli site de moaïs au sol et reproduction d’un village ancien

Te Pito Kura ❤️ : moaï et pierre magnétique

Tongariki ❤️❤️ : 15 moaïs alignés, très impressionnant et bien restaurés

Rano Raraku ❤️❤️ : carrière des moaïs

Orongo ❤️ : village cérémonielle de l’homme-oiseau

Rano Kau ❤️ : magnifique volcan avec un lac dans son cratère

Puna Pau : carrière des pukao

Varua Ora ❤️ : spectacle de danse polynésienne

Péninsule de Poike : encore quelques moaïs abandonnés visibles sans guide

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