Bolivie – Torotoro et Samaipata

Nous nous levons aux aurores pour prendre le bus à 7h direction Cochabamba. Nous traversons tout l’altiplano en direction de l’est, et nous nous arrêtons pique-niquer au bord de la route, dans une ambiance un peu western. Après avoir avalé notre sandwich poulet-mayonnaise qui sera probablement la cause d’une nouvelle tourista, la route se poursuit au bord d’un large canyon. Nous arrivons à Cochabamba dans l’après-midi, après 8 longues heures de bus. Nous nous rendons ensuite à l’arrêt de collectivo pour Torotoro, notre destination, où nous attendons encore une bonne heure avant de prendre la route. Nous arrivons enfin, après 3h de trajet supplémentaire, épuisés. Nous avons réservé à l’hostel Margaritas, sur la place principale du village. Nos affaires posées, nous allons manger des burgers à prix imbattable dans un petit boui-boui du village.

Nous faisons la connaissance de Romane et Quentin, avec qui nous partagerons un guide pour la journée de demain.


Nous nous rendons tous les 4 à l’office des guides, où nous sommes rejoins par Valentin, qui partagera le tour avec nous. Nous nous voyons attribuer le guide Martin, qui mâche tellement de coca que nous avons du mal à le comprendre. Nous faisons une heure de route, avant de commencer une petite marche dans des décors somptueux : de grandes falaises de roche rose, taillées par l’érosion, qui forment un étroit canyon dans lequel nous évoluons avec précaution.

Nous arrivons à un point de vue magnifique sur la vallée, où les roches prennent des formes animales plus ou moins évidentes.

Grenouille ?
Troupeau d’éléphants de dos
Tortue ?

Nous nous rendons ensuite à la Cuidad de Itas, où nous observons de nouvelles formations géologiques impressionnantes, ainsi que d’anciennes peintures rupestres. Martin n’est pas très motivé et ne nous apporte que peu d’informations sur ces lieux.

Un peu plus loin, nous rentrons dans un endroit appelé « la cathédrale ». C’est une sorte de caverne majestueuse, formée naturellement, avec des piliers et une voûte en pierre.

Après le pique-nique, nous partons explorer une grotte en spéléologie. Nous coiffons nos casques et nos lampes frontales, et Martin emmène une petite corde pour la forme. Sur le chemin, nous croisons des traces de dinosaures, qui font la renommée de ce parc dans toute la Bolivie. Nous n’aurons malheureusement pas plus d’explications.

L’entrée de la grotte est très grande, et nous nous enfonçons progressivement dans ses profondeurs. Elle est malheureusement assez abîmée et presque toutes ses stalactites sont cassées. Il y a tout de même de très jolis endroits, notamment quelques stalagmites ressemblant à des sapins de Noël, ou encore un ensemble de 3 colonnes appelé « le théâtre », qui est représenté sur les billets de 10 bolivianos.

Nous devons ramper plusieurs fois, et quelques passages nécessitent une petite corde pour ne pas glisser. Au fond de la grotte, une rivière souterraine passe, dans laquelle nous apercevons des petits poissons chats et quelques têtards.

Nous rentrons en fin d’après-midi, et en profitons pour immortaliser la place principale du village, dans le thème dinosaure jusqu’au bout : statue géante, bancs à l’effigie des dinosaures…

Après une bonne douche, nous nous retrouvons tous au bar d’en face, le Cretacico, pour prendre l’apéritif autour d’un jeu de société. Le choix est large, nous commençons par un tarot et terminons par nous initier aux Aventuriers du Rail. Le bar étant tenu par un Suisse, de la tartiflette est au menu et nous en prenons tous ! La recette est un peu adaptée : elle est sans viande, mais avec du reblochon et du curry, et reste très réconfortante. Nous restons jouer jusque tard, et passons une excellente soirée.


Pour ce 2ème jour, nous sommes tous les 4 avec Romane et Quentin, et nous demandons explicitement un autre guide (ils essayent encore de nous refiler Martin). Nous partons d’abord admirer les traces de dinosaures dont le parc est truffé. Elles datent de la période du Crétacé (-145 à -65 millions d’années), peu avant l’extinction des dinosaures. Le parc était un endroit de passage lors de leurs migrations, et son sol boueux a permis de conserver les empreintes en les fossilisant.

La taille et la profondeur des empreintes nous laisse imaginer la hauteur des dinosaures par rapport à nous. Grâce à notre guide très intéressant, nous voyons la différence entre les traces d’herbivores et de carnivores (qui comportent des griffes nécessaires pour dépecer leurs proies). Nous voyons également des traces de nage, car la zone était marécageuse et parfois recouverte d’eau. C’est impressionnant de s’imaginer au milieu des tyrannosaures et des brachiosaures !

Nous continuons notre promenade en direction du canyon del Vergel, où nous accédons en traversant une caverne. De l’autre côté, nous sommes au cœur d’un étroit canyon verdoyant, c’est magnifique !

Nous descendons tout au fond du canyon, où coule une jolie rivière agrémentée de petites cascades. Nous pique-niquons au bord de l’eau et nous baignons dans l’eau fraîche. Il faut dire que le soleil tape et il fait bien chaud dans le canyon, la baignade est très agréable.

Un petit quelque chose de Jurassik Park

Dès que le soleil commence à baisser, nous remontons l’abrupte falaise du canyon par un petit chemin qu’il faut presque escalader. Nous arrivons à un impressionnant mirador avec un petit pont en métal au-dessus du vide, qui donne une merveilleuse vue sur tout le canyon. Nous avons même la chance d’apercevoir un condor au milieu du ballet des vautours.

Juste avant de rentrer, nous allons voir d’autres empreintes de dinosaures situées juste à côté du village. Nous y trouvons également des fossiles de griffes de dinosaures.

Nous avons passé une merveilleuse journée, entre la beauté du canyon et les impressionnantes traces de dinosaures surgies du passé.

Nous profitons de la cuisine de notre auberge pour nous faire un petit repas maison et jouer aux jeux de société avec nos compagnons de route.


Nous sommes tellement bien dans ce petit village et dans cet hôtel que nous avons prolongé le séjour d’une nuit. Nous avons donc une journée entière supplémentaire, et nous en profitons pour organiser la suite du voyage et profiter de notre hôtel. Les salles de bain propres et le lit confortable avec une couette (et non pas un tas écrasant de couvertures) nous ont conquis.

Nous allons nous promener dans le village pour s’acheter de quoi cuisiner (quelques légumes, des pâtes et un morceau de fromage). Tous les hôtels et les bâtiments sont à l’effigie des dinosaures, c’est le thème majeur ici.

Le soir, nous nous cuisinons un délicieux petit aligot avec les moyens du bord.


Nous partons tôt pour prendre le truffi en direction de Cochabamba. Nous avons de la chance car il nous prend en route et nous n’avons même pas besoin d’attendre. Nous arrivons vers 10h30 en ville, et le bus pour Samaipata ne part qu’à 14h. Nous passons acheter des salteñas (sorte d’empañadas boliviennes) sur le chemin pour notre repas du soir, et allons attendre à la compagnie de bus, entre des colis postaux et des paquets de couches.

Nous embarquons à l’heure prévue et partons pour 9h de trajet. Nous sommes bien installés, à l’étage avec vue panoramique. Le paysage défile. Entre podcasts et films, nous quittons la ville et roulons à pleine vitesse sur la route principale traversant les petits villages, en direction de l’Est.

La nuit tombe et le brouillard se lève, mais le bus roule toujours aussi vite dans les virages, malgré ses phares peu vaillants. Il klaxonne à l’entrée de chaque village, et parfois quelqu’un apparaît en courant avec sa valise, pour monter avec nous.

Nous finissons par arriver à destination vers 23h30, épuisés, et filons nous coucher à l’hôtel sans demander notre reste.

Coucher de soleil depuis le bus

Aujourd’hui c’est l’anniversaire de Guillaume ! Nous ferons un bon restaurant à Sucre pour fêter ça, car le choix n’est pas énorme ici. Nous commençons par aller prendre le petit déjeuner dans un café hors de prix sur la jolie place principale, puis nous allons nous promener dans le centre. Comme c’est dimanche, il y a un petit marché dans une rue piétonne de la ville. Les stands alternent entre boliviens qui vendent des chinoiseries en plastiques, ou hippies étrangers qui vendent des bracelets en tissu ou des huiles essentielles. La ville est très cosmopolite et de nombreux baba cools sont venus y habiter pour profiter du climat clément et vendre leurs créations artistiques ou des cours de yoga. Nous passons également au marché pour acheter de quoi faire nos piques-niques pour les prochains repas.

Après avoir écumé la ville, nous trouvons une petite dame qui vend des tickets pour un bus de nuit pour Sucre, nous achetons nos billets pour demain soir.

Pour notre déjeuner, Guillaume a repéré du cochon à la broche qui rôtit dans la rue. C’est le rendez-vous de toute la ville, tous les boliviens vont dans ce minuscule petit restaurant, et nous arrivons tant bien que mal à nous faire servir les derniers morceaux !

Nous prenons ensuite un taxi (âprement négocié) pour nous rendre au départ de la randonnée Codo de los Andes. Le sentier grimpe progressivement, et la vue sur les montagnes verdoyantes se dévoile, c’est très joli !

Nous arrivons rapidement au mirador de la randonnée, d’où nous pouvons voir tout le parc Amboro. Il se caractérise par des montagnes abruptes de roche brune-rouge avec un plateau recouvert de végétation sur le dessus. C’est magnifique !

Le reste de la randonnée continue en descente dans la vallée, au bord d’une petite rivière, sur un chemin de terre rouge. Nous arrivons ensuite à une série de 3 jolies petites cascades dans lesquelles il est possible de se baigner. Le soleil a déjà quitté la vallée et il commence à se faire tard, nous ne nous attardons donc pas.

Nous traversons ensuite une zone de quelques bâtiments qui ont l’air abandonnés, et arrivons enfin à la route principale, qui marque la fin de notre randonnée. Malheureusement, entre nous et la route se dresse un grand portail cadenassé avec un grillage barbelé, nous sommes coincés… La zone des cascades est une propriété privée qu’il était possible de visiter, mais les panneaux « fermé jusqu’à nouvel ordre » nous indiquent que ce n’est visiblement plus le cas depuis un moment… Après quelques minutes de recherche, nous trouvons un passage, en haut d’une petite colline abrupte où le grillage s’arrête. Nous descendons non sans mal dans les fourrés, et rejoignons la route. Là, la chance nous sourit : nous sommes pris en stop en moins de 5 minutes pour se faire ramener à Samaipata.

Pour bien terminer cette intense journée d’anniversaire, nous allons dîner à La Mexicana, un joli restaurant mexicain. Nous prenons de délicieux nachos bien garnis ainsi qu’un burrito à la viande, arrosés d’une bouteille de vin rouge.


Ce matin nous partons faire la randonnée du Bosque de los Helechos Gigantes avec notre guide Ignacio de l’agence Samaitrip. Nous sommes un petit groupe de 6, et nous marchons dans une forêt humide et moussue à l’écosystème particulier. Notre guide nous explique que la quantité d’oxygène dans l’air y est plus élevée, comme l’atteste la couleur rouge des différents lichens sur les arbres (cette couleur est due à l’oxydation, par la présence élevée d’oxygène). Il y a de nombreuses fougères, ce sont même les plantes principales de cette forêt. Comme elles ne produisent ni fruits ni fleurs, peu d’animaux y vivent car ils y trouvent peu de nourriture. Les habitants l’appellent « la forêt silencieuse ».

Un peu plus loin, nous entrons dans une forêt de fougères arborescentes (sous forme d’arbres donc), de plusieurs centaines d’années. Cette espèce de fougère date de l’époque des dinosaures, et est l’une des plus anciennes espèces de plantes encore présente sur cette Terre. Elle grandit d’1 à 2cm par an, et toutes ces fougères de la taille d’un arbre ont donc entre 500 et 1000 ans, impressionnant !

Nous continuons de grimper et la végétation change : nous sortons de la forêt, les arbres se transforment en bosquets et la température se fait plus fraîche et moins humide. Le panorama, voilé de fumée, s’offre à nous. Le guide nous explique que la zone du parc se trouve sur la route d’une « rivière de nuage », ce qui donne ce microclimat particulier et humide à la forêt. La fumée, elle, est due à des feux à plusieurs dizaines de kilomètres d’ici, déclenchés par les fermiers pour nettoyer leurs terrains.

Nous redescendons tranquillement pour retrouver notre voiture qui nous ramènera en ville. Grâce à notre guide, la randonnée a été très intéressante car pleine d’anecdotes et d’explications.

Nous rentrons à notre hôtel prendre une douche et un goûter, puis nous allons profiter du coucher de soleil sur la place principale en attendant notre bus. Mauvaise surprise en grimpant dans celui-ci : il est plein et il y a un tas de vomi au pied des 2 seules places libres (les nôtres)… Heureusement, le monsieur du bus vient nettoyer et nous pouvons nous installer pour la nuit. Demain matin, nous nous réveillerons à Sucré.


Logement

Hostel Margaritas (Torotoro)❤️ : très bien situé, super rapport qualité-prix, lits confortables et salles de bain propres et modernes, bon petit déjeuner

Hôtel Samaipata (Samaipata) : le moins cher que nous ayons trouvé, propriétaire arrangeant

Nourriture

Pizzeria Snack Vergel Jurasico (Torotoro) : petits burgers pas mauvais et frites maison pour un prix vraiment dérisoire

Cretacico (Torotoro) : bar sympa avec de nombreux jeux de société disponibles, raclette et tartiflette au menu (pas les meilleures, mais font plaisir quand même)

La Mexicana (Samaipata) ❤️ : très bon restaurant mexicain aux prix corrects pour la ville, mention spéciale pour les nachos qui sont délicieux !

Activités

Torotoro J1 (Cuidad de Itas, caverne Umajalanta) ❤️ : magnifiques paysages et après-midi spéléo

Torotoro J2 (Canyon del Vergel et traces de dinosaures) ❤️ : superbe journée, canyon à couper le souffle et traces de dinosaures très impressionnantes

Randonnée Codo de los Andes (Samaipata) ❤️ : magnifique randonnée avec de très belles vues, possible de la faire en autonomie

Randonnée Bosque de los Helechos Gigantes (Samaipata) : jolie marche dans une forêt de fougères arborescentes centenaires, guide obligatoire

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