Nous arrivons à Lima en fin d’après midi du même jour que notre départ, malgré les 30h de vol, car nous avons traversé le Pacifique et remonté le temps. Nous posons nos affaires à l’hôtel dans le quartier de Miraflores, et allons dîner chez Panchita, un des restaurants du fameux chef péruvien Gaston Acurio. C’est un joli restaurant où nous goûtons un grand plateau de différentes spécialités péruviennes à partager. Il y a des anticuchos, qui sont des brochettes de cœur de bœuf absolument délicieuses ; de la causa a la limeña, une purée de pomme de terre fourrée de légumes ; une ocopa, qui sont des tranches de pomme de terre recouverte d’une sauce à base de cacahuètes ; un tamalito verde, purée de maïs aux épinards cuite à la vapeur dans une feuille de maïs ; une papa rellena, qui est une boule de purée de pommes de terre fourrée à la viande et frite ; des choclos a la huancaina, des gros grains de maïs dans une sauce à base de piment ; ainsi qu’un chicharron de cerdo, de la poitrine de porc frite. Tout était délicieux, et nous avons pu avoir un aperçu global de la cuisine péruvienne dès le premier soir !

Nous profitons de la matinée pour dormir et récupérer de notre décalage horaire. En fin de matinée, nous nous rendons à l’ambassade française pour faire nos procurations pour les prochaines élections.
Nous allons manger chez Al Toke Pez, un petit restaurant sans prétention qui s’est fait connaître dans une série Netflix sur la street food. Après avoir fait la queue, nous nous installons dans la toute petite salle où seules 9 personnes peuvent manger au comptoir, face aux fourneaux. Nous prenons un combinado (riz aux fruits de mer, ceviche de fruits de mer et chicharron) et un ceviche de poisson. Tout est absolument délicieux, l’ambiance est familiale et le chef cuisine face à nous.



Sur le chemin du retour, nous passons près du site archéologique Huaca Pucllana. Il s’agit d’une grande pyramide construite en adobes (briques faites à base d’argile, d’eau et de paille, façonnées à la main et séchées au soleil) placées de façon verticale de façon à rendre l’édifice plus résistant aux tremblements de terre. C’était un temple construit dans les années 1000 après JC, qui servait d’autel pour des sacrifices de femmes par le peuple Lima. D’ici, nous voyons bien le brouillard qui enveloppe la ville de Lima plusieurs mois par an.



Pour le soir, nous avons réservé chez Ache, un restaurant chic de cuisine nikkei. Nous prenons plusieurs plateaux de makis aux saveurs japonaise et péruvienne, et c’est délicieux. Notre préféré fut un sushis classique au saumon, avocat et thon mais avec une mayonnaise au fruit de la passion, un délice ! Nous avons aussi essayé un nigiri à l’oursin, Guillaume a adoré et j’ai détesté !

Après le petit-déjeuner à l’hôtel, nous passons toute la matinée à préparer la suite de notre voyage. Comme nous serons rejoints par plusieurs groupes sur l’Amérique du Sud, nous devons faire un programme précis jusqu’à notre retour pour que tout le monde puisse s’organiser.
Nous sortons ensuite déjeuner dans le quartier à La Tapadita, dans un petit restaurant qui fait des menú del día à prix imbattable. Cela consiste en une soupe bien consistante avec du riz et du poulet, puis un plat. Nous optons pour le aji de gallina, un plat traditionnel originaire de Lima, composé de poulet dans une sauce au piment jaune et accompagné de riz ; ainsi qu’un plat d’alpaga au vin blanc, accompagné de pommes de terre sautées. Tout était simple, bon, et très peu cher (3€/pers).
Nous allons ensuite au Parque 7 de Junio pour y goûter les fameux picarones de Mary. Ce sont des beignets de courge et de patate douce accompagnés de chancaca (sirop de sucre de canne).

Nous prenons des sandwiches à La Lucha, juste en face du parc, pour pouvoir pique-niquer dans l’avion ce soir. Nous récupérons nos sacs à l’hôtel et nous dirigeons vers l’aéroport. Après une bonne heure pour trouver le bon collectivo, nous voici en route pour l’aéroport pour la modique somme de 1€ pour 1h de bus. Nous grimpons dans notre avion en direction d’Iquitos, la plus grande ville non reliée par la route au monde (on y accède uniquement par avion ou par 4 jours de bateau). Elle se situe au cœur de la forêt amazonienne péruvienne, proche des frontières colombienne et brésilienne. Nous rejoignons notre hôtel en tuk-tuk (le retour), et filons nous coucher, car nous partons à 6h demain matin pour la jungle.

Nous avons réservé un séjour de 5 jours dans la jungle amazonienne avec Jimmy, un natif de la jungle qui a travaillé dans la légion étrangère française, et qui accueille des francophones dans sa maison dans la jungle, pour leur faire découvrir la forêt. Son frère vient nous chercher à 6h à notre hôtel, et nous partons pour 1h de taxi jusqu’à Nauta. Nous accompagnons le frère de Jimmy faire les courses au marché, et en profitons pour y prendre notre petit déjeuner (un jus de fruits et des sandwiches).



Puis nous prenons un bateau pendant 2h, qui nous emmène jusqu’à la maison. Nous naviguons d’abord sur le Rio Marañón puis le Rio Ucayali, qui confluent pour former l’Amazone.
La maison est entièrement en bois, posée sur pilotis. Il y a la salle commune avec la table pour les repas, la cuisine derrière, et plusieurs chambres avec salle de bain privée accessibles par un ponton. Le grand luxe !




À peine arrivés, nous posons nos affaires et Jimmy nous emmène faire notre première sortie avant le déjeuner. On nous prête des bottes de pluie car la jungle est très humide (c’est la fin de la saison des pluies), et il y a beaucoup de boue. Nous marchons à peine une petite demie heure dans la forêt et nous rencontrons déjà nos premiers paresseux ! Un qui se repose sur son arbre, et un autre qui se fait attaquer par un python (c’est le combat le plus lent que l’on ai vu, le paresseux s’endormait même au milieu). Jimmy nous montre également une plante utilisée pour soigner les rhumatismes : il l’écrase et nous en met au creux du coude, et nous pouvons la sentir chauffer, c’est impressionnant.








Nous rentrons ensuite à la maison pour le repas, et rencontrons les autres français et Selva, le petit toucan adorable à l’aile cassée, recueilli par la famille.

La deuxième sortie se passe entièrement en bateau, et nous partons à la recherche de capybaras. Comme il a plu à midi, les oiseaux sont de sortie et se sèchent les ailes au soleil : toucans, aras, faucons, c’est magnifique. Nous ne verrons malheureusement pas de capybaras, mais nous croisons un énorme anaconda mort, qui flotte dans l’eau.








Puis nous ressortons une dernière fois, après que la nuit soit tombée, pour observer les petites bêtes nocturnes. Les moustiques sont également de sortie et malgré nos tenues longues nous nous faisons dévorer. Nous avons pu voir des tarentules, de nombreux crapauds, un anaconda, et Andres (le fils de Jimmy) a même attrapé un petit caïman !



En allant nous coucher, nous nous rendons compte qu’une sorte de gros oppossum habite dans le plafond de notre chambre, espérons qu’il ne viendra pas nous rendre visite pendant le nuit.

Après le petit déjeuner, nous découvrons dans le jardin Martin, le fourmilier qui avait été recueilli par la famille et qui habite maintenant dans la réserve. Il n’est pas du tout peureux, et est essentiellement préoccupé par la chasse à la fourmi.


Pour notre première sortie, nous voyons des singes, des escargots géants et des autoroutes de fourmis qui transportent des feuilles. Notre guide, Segundo (l’assistant de Jimmy), nous montre aussi une trace fraîche de bébé jaguar, ainsi que la trace d’un anaconda qui ferait 10m !







Nous repartons à la recherche des capybaras qui resterons définitivement introuvables… pendant cette sortie nous verrons quelques oiseaux, et un fourmilier grimpé en haut d’un arbre ! Pour la sortie de nuit, nous trouvons quelques araignées et beaucoup de grenouilles et de moustiques, comme il a encore plu.








Après une nuit un peu difficile pour moi à cause du possum qui grattait dans notre plafond, nous prenons le petit déjeuner avant la première sortie de la journée. Au programme de la matinée : aller voir des singes. Avant même d’arriver au lieu prévu, nous pouvons admirer un magnifique singe roux sautant d’arbres en arbres au bord de l’eau. Après quelques minutes de marche dans la forêt, nous trouvons un mâle de la même espèce, à la couleur plus foncée.




Un peu plus loin, caché dans le creux d’un arbre, un minuscule petit singe nous regarde.





Le sentier est très boueux, nous sommes contents d’avoir nos bottes. Et cela nous permet de voir quelques petites grenouilles.





Sur le chemin du retour, un iguane se prélasse dans un arbre.

Après le déjeuner, nous allons visiter le refuge du coin, qui recueille des animaux malades, blessés ou abandonnés. Nous sommes accueillis par un magnifique petit singe rouge et gris (el guapo) qui est très sociable. Il saute d’épaule en épaule et vient faire des câlins à tout le monde. Il y a également un autre singe (en cage celui-là, car il fait des bêtises et vole de la nourriture dans la cuisine apparemment), un petit sanglier, et une sorte de poule de la forêt (pollo de la selva).










En fin d’après-midi, notre guide nous emmène en bateau dans un marécage, au pied d’un magnifique arbre entouré de grandes lianes. Nous y grimpons et devons attendre que la nuit soit tombée pour espérer voir un anaconda noir. Ça tourne mal, à peine la nuit tombée nous nous faisons assaillir par des centaines de milliers de millions de moustiques qui nous piquent à travers nos vêtements ! Nous quittons notre arbre précipitamment et rentrons à la maison, sans avoir vu le fameux anaconda.




Nous nous séparons en 2 groupes aujourd’hui : ceux qui partent en « survie » dormir dans la jungle (Guillaume y va effectivement), et les autres. Pour une fois je me rétracte, il y a vraiment trop de moustiques pour moi dehors (j’ai plus de 100 piqûres sur le corps, je veux dormir sous ma moustiquaire !).



Avec mon groupe, nous partons à la pêche au piranhas, dans notre petite barque, avec des cannes à pêche artisanales au bout desquelles nous utilisons de la peau de poulet en guise d’appât. Malheureusement ils n’ont pas très faim ce matin, et nous ne pêchons que 2 petits poissons pour tout le bateau…Heureusement, la cuisinière n’a pas compté sur nos talents de pêcheurs pour le déjeuner !


Selva, le petit toucan, fait toujours le pitre à table, on ne s’ennuie pas avec lui !




Cet après-midi il fait un soleil radieux, et nous partons nous baigner dans l’Amazone. Le sol est recouvert d’une sorte de vase argileuse dont nous nous recouvrons le corps, peau douce garantie ! Au coucher du soleil, nous avons pu apercevoir quelques dauphins roses sauter hors de l’eau, c’était un moment magique.



Pour notre sortie nocturne, nous croisons un bel anaconda, plein d’araignées différentes et un petit lézard caché dans une feuille.
Vers 4h30 du matin, je suis réveillée en sursaut par des grattements et une respiration forte de bête sauvage. Je me recroqueville sous ma couette, dans ma moustiquaire, et tente de faire fuir l’intrus en faisant du bruit et de la lumière, sans succès. Pétrifiée, j’attends 1h30 qu’il fasse jour pour oser sortir ma tête de sous la moustiquaire, pour découvrir qu’il s’agissait d’un couple d’opposums en train de copuler bruyamment…

Nous partons ensuite pêcher au petit matin, car c’est l’heure où les piranhas ont faim. Et effectivement la pêche s’avère beaucoup plus amusante, nous attrapons chacun 2 ou 3 poissons, dont ces petits piranhas au ventre rouge et aux dents pointues.

Pour la dernière sortie, nous croisons un groupe de tamarins et apprenons quelques plantes médicinales de la jungle, dont une pour les douleurs de règles et une autre pour la vigueur (elle existe décidément dans toutes les jungles). Pour terminer en beauté, je suis tombée 2 fois dans des trous de boue où je me suis enfoncée jusqu’à mi-cuisse…


À notre retour à la maison, nous retrouvons les survivalistes, qui sont toujours en vie. Ils sont partis plus profondement dans la jungle, ont dormi en hamac dans la forêt, et ont mangé le produit de leur pêche (bien plus productive que la notre) et des coeurs de palmiers. Malheureusement c’était la mauvaise saison donc il n’y avait pas de fruits, et ils n’ont pas trouvé d’animaux à chasser. La nuit se passe bien et ils entendent même des rugissements de jaguars au loin (heureusement que le guide a son fusil et entretient le feu toute la nuit).








Nous retournons à Iquitos dans l’après-midi, et dînons dans un petit restaurant près de chez nous. Les portions sont gargantuesques, et ce n’est pas pour nous déplaire !

Après une grasse matinée bien méritée, nous allons déjeuner dans un restaurant près de la Plaza des Armas (Huasai restaurant) où nous prenons des menu del dia. C’est copieux, délicieux et très abordable, comme d’habitude !


Puis nous nous rendons à l’aéroport pour prendre notre vol pour Lima, où mes parents nous retrouverons pour 2 semaines.
Logements
Colores Hospedaje Miraflores (Lima) : prix imbattable pour le quartier, petit déjeuner inclus, mais chambres un peu étriquées
Casa Amazonita (Iquitos) ❤️ : bon marché, grande chambre, jolie maison avec patio
Restaurants
Panchita (Lima) ❤️ : joli restaurant assez chic, bons plats péruviens à partager
Al Toke Pez (Lima) ❤️ : délicieux petit restaurant street-food de ceviche et de fruits de mer, peu cher
Ache (Lima) : restaurant chic et cher de cuisine Nikkei, bons makis aux saveurs japonaise et péruvienne
La Tapadita (Lima) ❤️ : petit restaurant sans prétention, très bons menus du jour, copieux et pas chers
La Lucha Sangucheria Criolla (Lima) : bons sandwiches, un peu chers
Huasai restaurant (Iquitos) ❤️ : très bon menu du jour
Activités
Découverte de la jungle avec Jimmy ❤️
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