Laos – Luang Namtha

Nous prenons le bus aujourd’hui pour Luang Namtha, une petite ville du nord. Le trajet s’annonce long, il est prévu environ 8h de bus, sans compter les imprévus. Nous prenons place dans un minivan avec des petits tabourets pour compléter les quelques dizaines de centimètres d’espace libre entre les fauteuils. Les laos tentent de me faire changer de place pour le fond (sur les essieux, horrible), ou le petit siège d’appoint au milieu devant, mais je ne cède pas. Personne ne veut y aller car ce sont les pires places, nous avons déjà expérimenté. Nous récupérons encore des gens sur le chemin, nous sommes maintenant 18 pour 14 places… Je suis assise entre deux sièges, et à côté de moi une maman est sur un tabouret et porte son fils de 12 ans sur ses genoux, le trajet s’annonce long.

Finalement, par chance, nous changeons pour un bus plus grand où nous avons des bonnes places. le trajet se poursuit sans encombre pendant 30 minutes, et nous arrivons dans un énorme embouteillage. Un camion a eu un accident sur le pont et les autres véhicules sont face à face sur la 2ème voie, personne ne peut avancer. Nous avons finalement de la chance et la route se débloque assez rapidement. Un peu plus loin, nous perdons une vitre en passant dans un gros nid de poule, mais cela n’inquiète pas le chauffeur. Nos sacs sont attachés sur le toit, nous ne sommes pas rassurés.

L’accident
La vitre

Puis le bus commence à fumer et une odeur suspecte se répand dans le bus. Nous nous arrêtons chez plusieurs garagistes de bord de route, mais personne ne veut le réparer. Finalement, après avoir arrosé abondamment les freins arrières à la station service, nous reprenons la route.

Arrosage des freins
Enfant qui a vomi

Après 11h chaotiques, nous arrivons finalement à Luang Namtha. Il fait nuit, la station de bus est à l’extérieur de la ville, et le seul taxi présent nous rackette le triple du prix habituel pour nous emmener en ville. L’agence où nous avons booké le trek de demain est fermée, je commence à m’impatienter. Heureusement, après quelques appels, quelqu’un vient nous ouvrir. Nous finalisons notre réservation, nous ne serons finalement que tous les deux pour notre trek de 3 jours et 2 nuits dans le nord du Laos, à la rencontre des minorités locales.


Réveil à l’aube et préparation de nos sacs pour le trek. Nous allons petit-déjeuner dans notre restaurant de la veille (Lai’s Place) qui fait des pâtes absolument délicieuses.

Pâtes délicieuses

Après avoir laissé une partie de nos affaires à l’agence, nous rencontrons notre guide pour les 3 jours, Mee. Il nous emmène au marché acheter de quoi manger pendant le trek. C’est un vrai marché local, nous passons entre les étals de légumes, de vers et de criquets en tout genre, et surtout la boucherie. Tout se mange ici, on trouve des abats en tout genre, des têtes et des pattes d’animaux, et des bassines de sang coagulé qui est utilisé pour faire des soupes.

Puis le tuk-tuk nous emmène au départ de la randonnée. Nous commençons par une montée abrupte au milieu de plantations d’arbres à caoutchouc. La récolte se fait pendant la saison des pluie, les arbres sont donc au repos en ce moment. Sur le chemin, Mee nous taille des bâtons en bambou, et les grave avec notre prénom en lao. Un peu plus loin, il nous fabrique une couronne avec quelques feuilles.

Nous nous arrêtons manger. En apéritif, Mee a attrapé 2 gros vers blancs et veut nous faire goûter. Ils les mangent crus d’habitude, mais il nous les fait quand même rôtir au feu : c’est croustillant à l’extérieur et crémeux à l’intérieur, je trouve ça vraiment dégoûtant. Il nous cuisine une soupe dans du bambou, avec les ingrédients achetés au marché, accompagnée de riz gluant.

Nous poursuivons notre chemin à travers une jungle de fougères et de bananiers. Il y a beaucoup de papillons, et nous croisons quelques araignées que Mee se fait un plaisir de mettre sur son visage pour les photos !

Un peu avant d’arriver au campement pour la nuit, Mee ramasse quelques feuilles et nous en fait des costumes, puis improvise une séance photo. C’était très kitsch, nous avons bien rigolé.

Ce soir nous dormons dans la jungle. Le campement se compose une petite ossature en bois avec quelques feuilles de bananier séchées en guise de toit. Nous faisons un peu de ménage, jetons toutes les feuilles sèches et en ramassons des fraîches pour le toit et le sol. Le bananier est un arbre gorgé d’eau, donc très mou et facile à couper. En plus, il repousse très vite, en quelques semaines.

Après avoir installé le campement, nous faisons une petite toilette au bord du ruisseau et Mee s’attelle à la cuisine. Nous mangeons de nouveau une petite soupe cuite dans du bambou, à base de chouchous, de champignons et de porc grillé, accompagné de riz gluant évidemment. Puis nous discutons de la nourriture au Laos, et Mee nous explique qu’ils mangent vraiment tout dans l’animal (et tous les animaux, du crapaud au chien en passant par les insectes). D’ailleurs, son plat préféré est ce qu’il appelle le « young caca », c’est à dire le début de l’intestin grêle avec la nourriture non encore complètement digérée. Seul le « old caca » ne se mange pas. Toutes ses histoires sont évidemment accompagnées de happy water (faite à base de maïs cette fois-ci).

Nous allons nous coucher dans notre camp de fortune. Comme il fait assez froid la nuit et que nous n’avons pas de matelas pour nous isoler du sol, nous essayons de dormir sur nos sacs vides. Ce n’est pas très confortable, et il ne fait pas chaud. Bien emmitouflés, nous tentons de dormir.


Après une nuit un peu courte et peu confortable, nous nous réveillons avec l’odeur des œufs brouillés à la tomate que Mee nous a préparé. Après avoir rassemblé nos affaires, nous repartons. Nous sortons vite de la jungle et marchons sur une petite « route », ou plutôt un chemin que quelques scooters empruntent.

Nous traversons 2 villages de l’ethnie Kmhmu, la minorité dont fait partie Mee. Nous voyons les habitants du village vaquer à leurs occupations habituelles : fabriquer des armes en bois, faire des ballots de graminées qui serviront à fabriquer des balais, etc. Il y a énormément de chiens, et des animaux d’élevage (poules, coqs, cochons…).

J’achète un petit bracelet à des enfants du village, et nous continuerons notre route. À midi, nous nous arrêtons déjeuner, et je coupe fièrement mon premier bananier pour faire des assiettes en feuille.

Moi et mon bananier

Nous arrivons à notre village en fin d’après-midi. Il faut traverser la rivière à pieds pour y accéder, car il n’y a pas de pont. C’est un petit village avec des maisons en bois et plein d’animaux. Nous croisons des femmes en train de tisser des fibres de bambous, et d’autres en train de faire des petits ballots de graminées.

Les enfants sont très curieux et nous tournent autour. C’est un village de l’ethnie Lanten, mais malheureusement notre guide ne parle pas leur dialecte et peut seulement communiquer avec ceux qui parlent lao, difficile pour nous de nous faire comprendre auprès des enfants ! 2 petits camions rentrent dans le village et nous comprenons que c’est le marché ambulant : l’un transporte des fruits et légumes, et l’autre des cochons (vivants). Les habitants viennent choisir et repartent avec leurs victuailles. Mee nous prépare un bon dîner pendant que nous nous douchons au baquet et à l’eau froide. Nous dînons des nouilles frites et de la citrouille, c’était délicieux ! Puis c’est l’heure d’aller se coucher. Nous dormons dans un coin de la pièce principale, qui sert à la fois de garage à scooter, de salle à manger, etc. Le confort est très rudimentaire, mais nous filons nous coucher, épuisés.


Après une nuit un peu écourtée par les chants des coqs, les voisins qui font de la mécanique à minuit et la famille qui se lève et passe dans notre pièce toute la nuit, nous nous levons pour la dernière journée. Au petit-déjeuner, Mee nous a préparé ses habituels œufs à la tomate. Puis nous remercions la famille et partons pour notre journée de canoë.

Au revoir !

Nous partons directement au pied du village, je suis devant et Guillaume dirige à l’arrière. Il n’y a pas énormément d’eau donc il faut faire bien attention à l’endroit où passer sous peine de se retrouver à pousser le canoë ! Après s’être un peu engueulés sur quelques passages difficiles, nous trouvons notre rythme de croisière et profitons des rapides.

Mee qui fait l’andouille

Nous nous arrêtons déjeuner au bord de l’eau, et Mee cuisine à nouveau dans son bambou (pratique, pas besoin d’emmener des casseroles). Pendant ce temps-là, Guillaume tente de réparer de nouveau sa machette cambodgienne, sans grand succès. Un morceau de la lame s’est même cassé dans la bataille, c’est décidé il va en racheter une comme notre guide, et négocie pour qu’il nous amène en acheter au marché en rentrant ! Nous repartons pour 2h de canoë l’après-midi, et croisons quelques villages où les enfants nous saluent de la main.

On écope à la claquette

Nous arrivons à notre point de rendez-vous où le tuk-tuk nous attend. Après avoir chargé les canoës sur le toit, nous prenons place et rentrons à Luang Namtha. Avant de rentrer, nous passons au magasin de machettes, où nous trouvons le bonheur de Guillaume.

Après avoir fait nos adieux à Mee, nous allons nous installer dans notre nouvelle auberge, Zuela, et prenons une bonne douche chaude bien méritée. Nous dînons à l’auberge et en profitons pour nous reposer.


Nous prenons le bus ce matin pour Huayxai, à la frontière thaïlandaise. Le chauffeur de tuk-tuk doit venir nous chercher à 7h30 pour nous emmener à la gare routière. À 7h, nous nous attablons à l’auberge pour prendre le petit déjeuner, et à peine à commande passée, à 7h13, le chauffeur arrive. Il ne parle pas un mot d’anglais, impossible de se faire comprendre, et il n’a pas l’air de vouloir nous attendre… Nous faisons donc une croix sur le petit déjeuner et partons pour arriver à 7h45 à la gare. Le départ du bus est prévu à 9h, heureusement que nous nous sommes pressés ! Une fois n’est pas coutume, le trajet se passe sans encombre et nous arrivons en début d’après-midi. Nous avons pris une chambre chez Oudomphone Guesthouse, c’est propre, bien situé et la propriétaire est adorable. Nous déjeunons au Kanchana Restaurant, qui fait des petits plats laos sans prétention. Il n’y a pas grand chose à faire dans cette ville, nous en profitons pour nous reposer et avancer sur le blog. Le soir, nous dînons chez Mingmeaung, juste à côté de chez nous. C’est un petit restaurant très local avec des petites mamies qui dînent à côté de nous. Nous prenons en dessert un mango sticky rice (qui me faisait envie depuis longtemps), et des fruits au yaourt. Demain, nous partons pour une super aventure de 2 jours dans des cabanes dans les arbres !


Logements

Zuela ❤️ (Luang Namtha) : grand chalet en bois, propre, bien situé

Oudomphone guesthouse ❤️ (Huayxai) : grande chambre, propre, propriétaire très gentille et arrangeante

Nourriture

Lai’s Place ❤️ (Luang Namtha) : délicieuses nouilles, service rapide pour le petit déjeuner avant le trek

Mingmeaung ❤️ (Huayxai) : pas cher, ambiance locale

Activité

Trek avec Ethnic Travel Laos ❤️ : Mee notre guide était super, bon combo entre la nuit dans la jungle et celle dans un village, journée de canoë

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