C’est parti pour 8h de transport dans un minivan en direction du nord-est du pays, dans la campagne du Ratanakiri. Notre chauffeur conduit comme un fou sur les pistes poussiéreuses et pleines d’ornières du Cambodge. Le trajet est long, ponctué d’arrêts dans des petits restaurants de bord de route, où nous mangeons notre pique-nique (un petit sandwich de délicieux pâté Hénaff miraculeusement trouvé dans un supermarché pour 5$). Nous arrivons vers 16h à Banlung, et nous allons me faire faire des photos d’identité dans une petite boutique de photo, pour le passage de la frontière laotienne. Puis un tuk-tuk vient nous chercher pour nous emmener à l’auberge, le Ratanakiri homestay. C’est avec eux que nous avons organisé notre trek pour les 3 prochains jours. L’auberge est très mignonne, avec des petits bungalows dispersés au milieu d’arbres de la jungle, et tout le mobilier est en bois. On y mange avec la famille une cuisine locale délicieuse et les enfants jouent au milieu de tout le monde. Nous y rencontrons un groupe de français qui revient du trek, avec qui nous passons une très bonne soirée à boire des bières et à jouer aux cartes. Nous avons appris qu’il est possible de gagner des canettes gratuites, voire même des scooters ou des voitures sous les opercules des canettes de Cambodia !

Premier jour de trek aujourd’hui. Nous prenons un bon petit déjeuner cambodgien, c’est une petite omelette fine fourrée avec des pousses de soja. Nous partons pour une heure de route en tuk-tuk sur une piste de terre ocre poussiéreuse, puis 30 minutes de long tail boat, et nous arrivons au départ de la randonnée.


Nous sommes seulement tous les deux, et accompagnés par Pat, notre guide cambodgien qui parle très bien anglais, et Teng le ranger. Teng fait le trek en claquettes, et son sac à dos est un sac de riz avec des bretelles. Nous traversons d’abord des rizières sèches (la récolte du riz a lieu au mois de novembre, au début de la saison sèche), des champs de sésame et de manioc en cours de récolte et de séchage, d’autres où paissent des buffles.




Puis nous arrivons aux abords de la jungle, tantôt composée de fougères, des bambous et de grands arbres d’où pendent des lianes. Nous marchons une dizaine de kilomètres dans les petits sentiers, débroussaillés à la machette par nos guides (et Guillaume, qui en a acheté une avant de partir !).

Notre guide nous montre des arbres qui produisent de l’huile quand on fait brûler leur tronc, et qui sert par exemple de cire à bougie. Il nous fait aussi goûter des fourmis rouges, qui ont un petit goût acide pas désagréable, dû à l’acide formique qu’elles contiennent.



Nous arrivons en milieu d’après-midi à notre camp pour la nuit, au bord d’une rivière. Il y a 3 camps composés de quelques bambous formant l’ossature d’une petite maison, sur laquelle notre guide dépose une bâche (en cas de pluie), et où nous suspendons nos hamacs pour la nuit. Nous sommes accompagnés de Barbecue, un petit chien noir tout gentil qui suit les groupes de randonneurs et déguste la fin de leurs repas.



Pendant que nous nous baignons dans des petites piscines naturelles à l’eau rafraîchissante, nos guides s’affairent déjà pour préparer le feu et le repas du soir. Ils aiment bien cuisiner, nous avons donc transporté des casseroles, des légumes et du riz pour se faire à manger pendant ces 3 jours. Nous aidons à la découpe des légumes qui seront cuits dans des bambous directement sur le feu, pendant que Pat va tendre des filets dans la rivière pour espérer manger du poisson au petit déjeuner.




Nous dînons avec nos voisins de camp, des français (et certains dont vous entendrez de nouveau parler plus t, et buvons de la « happy water » que nos guides ont ramené. C’est un alcool de riz artisanal typique du pays, tournant aux alentours des 50⁰. Il accompagne parfaitement les fines tranches de peau de buffle séchée et grillée au barbecue.

La pluie s’invite après le repas, et nous nous réfugions sous notre abri. Puis nous entendons du remue-ménage : Teng a attrapé un énorme scolopendre de 20cm, c’est rare d’en voir des si gros, et sa morsure est apparemment très douloureuse ! Ni une ni deux et nos deux guides le glissent vivant dans une des bouteilles de « happy water », car son poison dilué dans l’alcool donnerait force et vigueur (masculine notamment). Nous filons ensuite nous coucher dans nos hamacs, fatigués de cette première journée.


Le 2ème jour commence par un bon petit déjeuner de poissons frits (la pêche à été fructueuse), d’omelette et de pain. Nous quittons le camp pour s’enfoncer un peu plus dans la jungle. Notre guide nous montre les plantes comestibles, et notamment les arbres et lianes à eau, où l’on peut boire directement après les avoir coupés. Il nous fait également goûter des petits fruits acidulés et des plantes qui peuvent se manger crues ou être infusées pour faire du thé. Il ramasse d’ailleurs régulièrement de quoi agrémenter les sauces et les plats qu’il nous concocte.




À midi, nous nous arrêtons manger au bord de l’eau. Nous pouvons nous rafraîchir, avant le déjeuner de riz et de poisson. Nous reprenons la route. Sur le chemin, une petite balançoire a été construite sur une liane. Nos guides décident de créer un nouveau chemin, nous passons donc à travers la jungle, et les hommes débroussaillent à la machette pour que nous puissions passer, au plus grand bonheur de Guillaume.



Nous arrivons à notre 2ème campement, mais nous avons été devancés par un autre groupe, le meilleur emplacement a été pris. Notre guide est obligé de rafistoler notre campement qui n’a pas de toit, et de lui faire une petite armature en bambou en cas de pluie. Il sait tout construire en bambou, il a fait une petite table pour le campement, des gobelets pour boire ainsi que des baguettes pour manger !




Nous sommes au pied d’une cascade dans laquelle nous nous sommes longuement baignés, puis nous prenons le traditionnel apéritif à la « happy water ». Le guide de l’autre groupe a fait l’aller-retour au village pour ramener des bières et plus de « happy water », ce qui nous a fait passer une excellente soirée à discuter avec nos guides. Nous nous rendons mieux compte du statut des minorités ethniques dont ils font partie, qui ont des particularités culturelles et religieuses différentes selon les ethnies. Ils nous ont raconté les difficultés qu’ils rencontrent encore aujourd’hui vis-à-vis des cambodgiens, et de la discrimination dont ils sont toujours victimes.



Dernier jour de jungle, nous nous réveillons très tard avec Guillaume, les guides n’ont pas osé nous réveiller, nous partons donc aux heures déjà chaudes. Le chemin est un peu plus vallonné cette fois-ci, mais les sacs sont allégés de la nourriture. Nous grimpons au sommet d’un petite colline d’où il y a une jolie vue sur la rivière et où Guillaume a pu faire voler le drone.





Nous retrouvons le chemin de l’aller au milieu des champs secs de riz et de manioc, et marchons au soleil jusqu’à notre bateau. Nous déjeunons au bord de l’eau pour la dernière fois avec nos guides (ils ont eu le temps de tout cuisiner pendant que nous faisions la grasse matinée…).

Puis nous prenons le bateau qui nous conduit au village de Teng. Pat et Teng font partie chacun d’une minorité différente. Nous visitons un village tout à fait typique, où toutes les maisons sont construites sur pilotis pour pouvoir profiter de l’ombre. Les buffles paissent dans le jardin de l’école. Nous allons même visiter le cimetière, où les tombes sont éparpillées dans la forêt, et autour de chacune est construite une petite maison où les affaires du défunt sont stockées.




Nous rentrons ensuite en bateau, puis en tuk-tuk, sur la route poussiéreuse, jusqu’à notre homestay. Nous récupérons notre petite chambre et filons sous la douche avec délice. Le soir, nous dînons de nouveau avec toute la famille de l’auberge, c’est un plaisir de partager le repas avec eux, et Guillaume a pu discuter politique avec un cambodgien travaillant en Corée du Sud. Demain, nous partons pour notre prochain pays : le Laos, et nous irons fêter le nouvel an à Don Det, dans la région des 4000 îles.
Logement
Ratanakiri homestay (Banlung) ❤️ : très bon marché, une famille adorable, de bons repas, et trek avec des guides de qualité
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